Retour d'expérience d'une experte RSE : Charlotte Briand
Tu te poses des questions sur le métier de consultant RSE ? Sur le quotidien ?
Dans cette vidéo, avec une transcription écrite, Charlotte Briand, fondatrice de l'agence Act For Now, répond à toutes les questions !
Au programme :
- Quel est le métier d'un consultant RSE ?
- Quelle est la journée type d'un consultant RSE ?
- Comment trouver son premier client ?
- Comment débuter en consulting RSE ?
- Comment se former en tant que consultant RSE ?
- La RSE est-elle obligatoire aujourd'hui pour les entreprises ?
- Y-a-t-il encore des opportunités aujourd'hui en RSE ?
- Quelles sont les qualités d'un bon consultant RSE ?
Tu peux découvrir l'interview vidéo ci-dessus ou bien la transcription ici :
Sarah :
"Aujourd'hui, je suis avec Charlotte, l'experte RSE de la Baraque à Impact, et qui va répondre aux questions qu'on reçoit régulièrement par email. Je suis trop contente que tu sois là, Charlotte. Merci ! Est-ce que tu veux commencer par te présenter ?"
Charlotte :
"Je m'appelle Charlotte Briand. Je suis la fondatrice de l'agence Act For Now. C'est une agence qui existe depuis 4 ans et que j'ai créée à la suite d'une expérience en tant que salarié dans la RSE. L'agence compte cinq personnes et propose des services de conseil, de formation et de sensibilisation. J'interviens donc aux côtés de Sarah dans le Baraque à Impact pour former les futurs consultants et consultante en RSE ! "
Sarah :
"Et pourquoi tu as eu envie d'intervenir dans ce projet La Baraque à Impact?"
Charlotte :
"Il y a eu vraiment deux leviers de motivation de mon côté.
Le premier : j'ai monté mon agence toute seule, parfois vraiment en ayant à me débrouiller seule. C'était un peu la grande débrouille sur pas mal de choses et j'aurais rêvé en fait d'avoir accès à une formation qui me donne à la fois les clefs pour monter mon entreprise et structurer toute mon offre de conseils, de formation, de sensibilisation, bref l'offre que j'allais plus tard proposer à mes clients. C'est vraiment ce qu'on a souhaité vous partager avec Sarah dans La Baraque et c'est tout ce que j'aurais voulu avoir en début d'activité.
L'autre levier de motivation, c'est plutôt un besoin business du côté d'Act For Now. On s'est vite rendu compte qu'en fait, trouver des consultants en externe qui sont déjà formés, ce n'est pas si facile que ça.
Et donc ça a aidé à renforcer ma motivation, ou plutôt ma conviction qu'on a besoin en fait de proposer aux futurs consultants et à ceux mais des formations, des méthodologies, des outils qui permettent d'avoir vraiment un background complet, concret en la matière. C'est un sujet qui est complexe et qui demande une méthodologie fine et des outils."
Sarah :
"Ok on va revenir sur un sujet un peu plus général. Être consultant RSE en fait en quoi cela consiste et qu'est-ce que ça englobe ?"
Charlotte :
"Oui, bien sûr, c'est un vaste sujet et c'est toujours un petit peu particulier le métier de consultant. Je le vois vraiment comme un métier d'accompagnement : de l'accompagnement de structure de tout type.
Ça peut être des entreprises, des organisations de toutes tailles, des types comme des grands groupes et de tous secteurs d'activité. Donc le but du jeu, c'est d'accompagner ces structures dans leur transition socio écologique. !
C’est-à-dire dans la prise en compte des trois piliers du développement de leur vie économique, sociale et environnementale, dans leur activité et dans leur stratégie générale."
Sarah :
"Et pour être beaucoup plus concret, si je me réveille le matin, peux-tu me dire à quoi ressemble ta journée ?"
Charlotte :
"Mon métier un petit peu particulier étant donné que je fais du conseil et gère une entreprise de 5 personnes donc mais mes journées ne se ressemblent pas toutes. Je vais essayer de vous donner une journée exemple.
En général, je commence par un créneau d'une demi-heure à 1 h d'administratif et de réponses pour ne pas trop me disperser plus tard dans la journée. Ces créneaux, mais dans les routines en général deux trois fois par jour sur des axes de combien définis. Ensuite, je vais en général les matinées de la production, finalement, c'est à dire de l'accompagnement concret.
Donc, ça peut être soit des rencontres en présentiel avec des personnes clés pour partager des connaissances sur un sujet bien identifié, ou alors de la production à distance où je vais travailler sur une problématique particulière d'un client ou gérer une tâche précise pour eux. Les après-midis, en général, je consacre du temps à la gestion de l’entreprise : prospection pour trouver de nouveaux clients, tâches administratives, et puis une partie management de l’équipe, très variée.
Et puis, bien sûr, il y a aussi tout ce qui concerne la gestion d'une entreprise de cinq employés. Cela inclut les discussions sur les finances, les consultations avec les comptables, et la gestion des aspects administratifs, comme l'URSSAF, ou la gestion des contrats avec des prestataires externes, comme la médecine du travail.
Sarah:
"Et une question qui revient souvent, c’est comment trouvé son premier client et quelle a été ta première démarche pour y arriver ?
Charlotte:
"C’est une bonne question. C’était un sujet assez stressant au début, car j’avais ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur et je ne me sentais pas forcément légitime dans ce rôle de consultante en étant à mon compte. Il m’a fallu entre deux et trois mois pour trouver mon premier client. C’était dans un contexte particulier avec plusieurs arrêts d’activité liés à la pandémie, mais je pense que ce délai est assez courant.
Dans mon cas, j'ai ressenti le besoin de bien structurer mon offre avant de la proposer, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde. Ce n’est pas forcément la meilleure méthode à suivre pour tout le monde, mais pour moi, c’était important. Une fois mon offre bien définie, j’ai lancé des campagnes publicitaires payantes sur Google, et c’est comme cela que j’ai décroché mon premier contrat.
Ce n’est pas représentatif de la manière dont j’ai trouvé mes clients suivants. Par la suite, c’était beaucoup plus du bouche-à-oreille et du réseau. Les campagnes Google Ads ont été une exception."
Sarah :
"Oui, c’est vrai que beaucoup de consultants ne trouvent pas leur premier client directement via une campagne publicitaire. Qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui se lance et qui cherche ses premiers clients ?"
Charlotte :
"Pour moi, la première chose à faire, c’est de miser sur l’existant. On part tous avec un réseau, qu’il soit professionnel ou personnel. Que ce soit par le biais d’une formation, d’anciens collègues ou d’amis, ces contacts sont très précieux.
Je recommande de parler de son projet à son entourage, que ce soit la famille, les amis ou les anciens collègues, et de leur demander s’ils connaissent quelqu’un qui pourrait être intéressé par votre offre. C’est vraiment en parlant de son activité, en étant transparent sur le fait que vous démarrez, que vous allez réussir à trouver vos premiers clients.
Une de mes signatures de contrat les plus inattendues s’est faite sur un télésiège, pendant mes vacances, juste en discutant avec une personne assise à côté de moi. Donc, n’hésitez pas à en parler partout, que ce soit en présentiel ou sur les réseaux sociaux, le bouche-à-oreille fonctionne très bien."
Sarah :
"Oui, recontacter les gens de votre précédente vie professionnelle ou les gens avec qui vous faites des activités sportives c'est ce que je recommande aussi. Et de manière plus large, qu'est-ce que tu recommanderais à quelqu'un qui se lance ?
Charlotte :
"La première chose que je recommanderais, c’est déjà de se former. Le conseil en RSE, c'est très vaste. C’est un acronyme qui est assez flou et qui englobe une grande variété de sujets, qu’il s’agisse de questions sociétales, sociales ou environnementales. C’est un domaine de plus en plus porté par des lois et des réglementations, dont certaines sont complexes et évoluent très rapidement.
D’où l’importance de se former et de faire de la veille pour être toujours à l’aise avec son sujet. Une fois qu’on s’est formé et qu’on a une bonne vision d’ensemble, il faut se spécialiser. On ne peut pas être expert sur toutes les thématiques de la RSE. Il faut identifier quel sujet nous passionne le plus et où l’on a le plus de légitimité et d’expertise, puis structurer son offre autour de ça."
Sarah :
"Carrément. Si vous êtes en reconversion, par exemple, et que vous avez dix ans d’expérience dans un autre domaine, comme l’industrie agroalimentaire, c’est déjà un bon point de départ. Et toi, comment ça s’est passé pour te former ?"
Charlotte :
"Dans mon cas, ma formation a commencé assez tôt. Ça fait dix ans que je travaille dans ce domaine. J’ai fait des études fortement axées sur l’écologie depuis le lycée, et j’ai poursuivi avec un master en droit de l’environnement et un master 2 en stratégie du développement durable et de la RSE en entreprise.
Ensuite, j’ai continué à me former en continu. J’ai fait mes premières erreurs en tant que salariée dans diverses entreprises, puis j’ai beaucoup appris sur le tas en créant ma propre entreprise. Je n’ai pas eu l’opportunité de suivre une formation en ligne complémentaire, car à l’époque, il y avait très peu d’offres disponibles."
Sarah :
"Et c’est ça qui nous a poussées à créer une formation aussi pratique, n'est-ce pas ?"
Charlotte :
"Oui, exactement. Et c’est un sujet qui a beaucoup évolué ces dernières années !"
Sarah :
"Aujourd’hui, nous sommes en juillet 2024, est-ce que c’est obligatoire pour toutes les entreprises en France ?"
Charlotte :
"Bonne question, c’est souvent demandé par nos clients. Ça dépend. Si on parle de la RSE en général ou d’obligations thématiques, comme sur les déchets, l’énergie ou le carbone, certaines sont bien obligatoires. En revanche, la RSE dans son ensemble n’est pas encore totalement obligatoire. Les seules obligations actuelles concernent le reporting extra-financier pour les grandes entreprises, qui doivent rendre compte publiquement de l’impact de leurs activités.
Il y a eu un grand changement avec l’arrivée de la directive européenne CSRD, qui abaisse le seuil des entreprises concernées par ces obligations. On est passé de 11 000 entreprises obligées de faire ce reporting à environ 50 000 dans les années à venir."
Sarah :
"Donc c’est un domaine en plein essor, avec beaucoup d’opportunités. Est-ce que tu dirais qu’il y a saturation ou que c’est un bon moment pour se lancer ?"
Charlotte :
" Oui, clairement il y a de la concurrence. Que ce soit en freelance ou en agence, il y a beaucoup d’acteurs sur le marché, mais pour moi c’est un excellent signe. Il y a beaucoup de freelances et d’agences qui se lancent, car la demande explose tant du côté des entreprises que des organisations publiques.
Il ne faut pas oublier qu’à côté des obligations réglementaires, il y a des exigences non obligatoires mais tout aussi impactantes. Par exemple, une grande multinationale peut demander à ses fournisseurs de respecter certaines normes, ce qui crée un effet en chaîne, impactant de plus en plus d’entreprises."
Sarah :
"Et il y a beaucoup de gens qui se lancent, mais certains ne se sentent pas légitimes. Quel conseil aurais-tu pour ceux qui ne se sentent pas légitimes ?"
Charlotte :
"Encore une fois, je dirais que se former est essentiel. Être à l’aise avec son sujet, même si ce n’est pas pour être un expert absolu, mais au moins pour maîtriser globalement les thématiques RSE. Ensuite, il faut se lancer, ne pas chercher la perfection dès le départ, et s’améliorer au fur et à mesure. C’est le principe de l’amélioration continue."
Sarah :
"Et donc, se lancer. Très bien. Quel serait selon toi le top trois des qualités pour réussir dans ce domaine ?"
Charlotte:
"Je dirais d’abord la capacité à structurer sa journée, à prioriser ses tâches. Ensuite, les compétences humaines, notamment dans le contact client et dans la création de relations durables. Enfin, l’engagement. C’est un domaine où l’on parle beaucoup de risques et de solutions. Si vous n’êtes pas vraiment passionné et engagé par ces sujets, ça se ressentira."
Sarah :
"Super, merci beaucoup Charlotte pour tes réponses, c’était vraiment enrichissant."
Charlotte :
"Merci à toi, à bientôt !"
