Témoignage d'une consultante en environnement et RSE :
Julia Berkowicz
Tu te poses des questions sur le métier de consultant RSE ?
Découvre dans cet article le retour d'expérience de Julia Berkowicz, fondatrice du Cabinet Cap 217° spécialisé dans l’accompagnement des entreprises TPE, PME, ETI & grands groupes sur les enjeux stratégiques de Responsabilité Sociétale des Entreprises et la transition sociale & environnementale🍀💡
Dans cet entretien tu vas découvrir :
- Comment Julia a trouvé son premier client
- Ses conseils pour se lancer à son compte
- Comment elle dépasse le sentiment d'illégitimité
- Et plein d'autres choses !
Tu peux découvrir l'interview vidéo ci-dessus ou bien un résumé écrit ci-dessous
(Ce résumé n'est pas une exacte retranscription de la vidéo, mais un condensé des idées) :
Sarah :
Julia, merci d'être avec moi aujourd'hui pour cet enregistrement. L'idée, c'est que tu nous partages un peu ton quotidien en tant que consultante RSE.
Est-ce que tu veux commencer par te présenter ?
Julia :
Je m'appelle Julia, j'ai 34 ans et je suis consultante en environnement et en RSE depuis quelques mois. Avant, j'exerçais en parallèle d'un emploi salarié. J'avais déjà débuté l'activité de consultante il y a un an, mais à 100 %, c'est plus récent.
Pour retracer mon parcours, j'ai fait des études de droit, avec un master en droit de l'environnement. J'ai exercé comme avocate en droit de l'environnement à Paris pendant quelques années.
Ensuite, j'ai quitté le barreau pour travailler en entreprise, car je souhaitais avoir plus d'impact et être en phase avec mes valeurs. Je suis retournée vivre dans le sud de la France, ma région d'origine, et j'ai travaillé en startup, notamment sur des projets de tri des déchets et de réduction de la pollution plastique.
Puis, j'ai passé quatre ans dans une entreprise d'insertion, pour travailler sur des projets à impact social et d'inclusion. J'ai officiellement lancé mon activité en mai 2023, d'abord un jour par semaine, ce qui m’a permis de faire une transition douce avant de quitter mon CDI, avec le soutien de mon employeur. J’ai aussi suivi la formation de la Baraque à Impact, qui m'a aidée à me lancer.
Sarah :
J'avais oublié cette transition d'un jour par semaine ! Comment as-tu mis cela en place concrètement ?
Julia :
Si ceux qui nous écoutent peuvent le faire, je recommande cette transition qui apporte sécurité et confort. J'ai demandé à mon employeur de passer à 80 %, ce qui a été accepté.
Cela m'a permis de dédier une journée par semaine à mes missions de conseil, d'explorer cette posture de consultante, et de prendre une décision réfléchie.
Administrativement, j’ai pu créer une auto-entreprise compatible avec mon emploi salarié, ce qui m’a permis d’éviter les frais annexes, et plus tard, de transformer cette activité en société.
Sarah :
Et pour ton premier client, comment l’as-tu trouvé ?
Julia :
En fait, mon parcours est assez atypique : après mes études de droit et mon passage au barreau de Paris, j'ai travaillé dans plusieurs secteurs et développé des compétences variées – commercial, communication, finance, entre autres. Ces expériences m'ont poussée à envisager le conseil RSE, mais il me manquait un peu de confiance et de légitimité pour démarcher les entreprises directement.
Pour combler ce manque, j’ai suivi un master à l'IAE d'Aix-en-Provence, ce qui m'a non seulement donné des bases solides, mais aussi motivée à aller échanger avec des entreprises locales pour tester si un profil comme le mien pouvait les intéresser.
Et je suis tombée pile au bon moment : l'entreprise que j'ai contactée au début cherchait justement quelqu'un pour les accompagner sur les enjeux environnementaux. Cela m'a permis de lancer mon activité avec ce premier client, ce qui a été une superbe opportunité.
Sarah :
Quand tu parles d’échanger avec des entreprises locales, concrètement, comment as-tu procédé ?
Julia :
Eh bien, en six ans de vie à Marseille, j’ai eu l’occasion de me constituer un réseau professionnel solide. J'ai travaillé dans des entreprises où j'étais très impliquée dans le développement, donc j'avais déjà des contacts dans la région.
Pour trouver des clients, j'ai d'abord pris mon carnet d'adresses et demandé à certaines personnes de me mettre en relation avec des entreprises potentiellement intéressées par la RSE.
Dans ce cas précis, un de mes contacts m'a présenté la bonne personne dans cette entreprise.
Ce que je trouve positif, c’est que de nombreuses entreprises sont ouvertes à échanger sur les sujets de RSE.
Et même si cela peut prendre du temps – dans ce cas, six mois pour concrétiser la collaboration – ça prouve qu'il y a un réel intérêt, même pour des entreprises bien établies.
Sarah :
Et comment s’organise ta journée type aujourd'hui ?
Julia :
Ce que j'ai voulu faire, c'est aussi mettre à profit les compétences que j'ai acquises, que ce soit durant mes études ou après, dans mes précédentes expériences.
Moi, ma plus-value, elle est vraiment sur la partie juridique et aussi réglementaire. Donc je vais par exemple accompagner les entreprises sur la partie veille réglementaire :
- Dégrossir les textes juridiques
- Comprendre les contraintes réglementaires auxquelles les entreprises doivent faire face
- Accompagner les entreprises visées par ces réglementations, au déploiement de ces contraintes réglementaires
J'ai envie de proposer un accompagnement 360.
C'est vraiment depuis la contrainte jusqu'à la prise de conscience et au fait qu'on ait envie d'aller plus loin que seulement ce que la réglementation nous contraint à faire.
Donc je propose des missions de conseils RSE spécifiques : de l'audit jusqu'à la mise en place d'un plan d'action RSE avec le rôle d'un responsable RSE externalisé.
C'est pourquoi mon quotidien varie énormément en fonction des missions que j'accepte.
Par exemple, pour un accompagnement annuel, je dédie une journée par semaine à un client spécifique, souvent le jeudi. Ce jour-là, je suis dans leurs bureaux pour travailler sur les dossiers prioritaires et coordonner les actions en lien avec leur stratégie RSE. C’est une journée intense, car je suis sur place pour répondre aux besoins immédiats et avancer sur les projets en cours.
Les autres jours, le rythme change. Certaines semaines sont très denses, remplies de mails à traiter, de visios, et de présentations pour les clients.
D’autres semaines sont plus calmes, ce qui me permet de m'occuper de la gestion administrative de mon activité, de préparer des présentations, et de penser aux projets futurs.
En général, je jongle toujours entre la production pour les clients actuels et la préparation de l’avenir.
Sarah :
Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la partie production ?
Julia :
Il y a plusieurs types de production :
Sur la partie réglementaire, il peut s'agir d'éplucher les textes juridiques, de les expliciter et de les vulgariser pour que mon client comprenne finalement quelles sont ses contraintes sur ces sujets. Donc je peux produire des notes de veille réglementaire.
Sur la partie RSE, il peut s'agir de présentations aux collaborateurs quand on lance les démarches ou aux dirigeants quand on va rentrer dans le cœur du sujet.
Il y a aussi toute la préparation des outils qu'on va aller utiliser pour accompagner les clients à se questionner sur ces sujets. C'est là où pour moi, la Baraque à Impact a joué un rôle essentiel, grâce aux outils mis à disposition dans La Baraque Académie.
Ça m'a permis clairement d'aller deux fois plus vite dans le développement de mon activité.
Sarah :
Et pourquoi as-tu rejoint La Baraque Académie ?
Julia :
Je me suis lancée mi-mars, juste après avoir quitté mon CDI, et à ce moment-là, j’avais besoin de structure.
J’avais déjà une bonne expérience en RSE, mais pas sur tout le processus d’accompagnement de A à Z.
La Baraque Académie m’a vraiment apporté cette vue d’ensemble. La formation propose des outils pratiques et un accompagnement personnalisé, ce qui m’a permis de mieux organiser mon activité.
Et puis, il y avait un vrai rythme : chaque semaine, des sujets à explorer, des vidéos à regarder, et même des exercices à rendre. Ça aide beaucoup pour avancer, car cela nous pousse à rester réguliers et à suivre le programme.
Sarah :
Quel est l’aspect qui t’a le plus aidée dans La Baraque Académie ?
Julia :
L'accompagnement personnalisé, sans hésitation. Chaque semaine, nous avions un live où nous pouvions poser des questions. Cela crée une dynamique qui nous incite à avancer.
Parfois, c'était dense, mais cela m’a aussi beaucoup aidée, notamment pour structurer mes réflexions. Par ailleurs, la communauté est un vrai soutien.
Par exemple, je revois régulièrement les vidéos et les exercices pour affiner mes propositions de service.
Et je reste en contact avec d'autres consultants du programme, ce qui m'aide à échanger et à progresser. Cela permet de se sentir moins seule, surtout dans les moments de doute.
Sarah :
Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui veut se lancer en tant que consultant RSE ?
Julia :
Je dirais qu'il est important de prendre un peu de recul au départ pour bien réfléchir à sa valeur ajoutée.
Se demander "quelle est ma plus-value ?", "qu'est-ce que je veux apporter aux entreprises ?", et "comment je veux le faire ?".
Ensuite, une fois ce temps de réflexion passé, il faut oser se lancer.
Les entreprises, les associations et les collectivités territoriales ont un vrai besoin d'accompagnement RSE aujourd'hui, car ces enjeux deviennent transversaux et concernent tous les métiers.
Et je pense qu’il est aussi essentiel d’aller à la rencontre des autres : échanger avec son réseau, rencontrer d’autres consultants, cela enrichit toujours.
Sarah :
Comment as-tu pris le temps de la réflexion pour te lancer ?
Julia :
Cela a pris du temps et s’est fait par étapes.
Mon année de transition en tant qu'auto-entrepreneuse à côté de mon CDI m’a permis d’évaluer si ce modèle d’indépendant me convenait, sans la pression de devoir réussir immédiatement.
J’ai aussi beaucoup échangé avec des collègues, des amis et mon réseau, ce qui m'a permis d'avoir différents avis sur mon idée de me lancer en RSE.
Cela m'a aidée à affiner mes réflexions et à tester mes idées avant de faire le grand saut.
Sarah :
Je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui nous écoutent et qui luttent avec un sentiment d’illégitimité. Comment as-tu surmonté ce sentiment d'illégitimité ?
Julia :
Au début, c’est inévitable, je pense.
Ce sentiment de doute est souvent là, et c'est normal.
Mais j’ai appris qu’il est essentiel de se préparer et de rester honnête avec le client.
En présentant mon travail, je m’efforce de bien structurer ma proposition et de rester transparente sur mes limites. Si je ne maîtrise pas un sujet, je le dis clairement et j’explique que j’ai la volonté d’apprendre ou de travailler en partenariat avec quelqu’un de plus expérimenté sur ce point.
Cela me permet de me sentir plus en confiance et de proposer un service de qualité.
Travailler avec des personnes expérimentées dans certains domaines m’a aussi énormément aidée, notamment grâce au binôme avec Charlotte.
Quand je travaille avec des consultants spécialisés, j’apprends beaucoup tout en consolidant mon sentiment de légitimité.
Sarah :
Merci, Julia ! Tu as répondu à beaucoup de questions que je reçois souvent.
Julia :
Merci à toi !
